Des projet, des idées, beaucoup naissent dans nos coeurs, dans nos têtes…

…Mais beaucoup finissent aussipar partir en fumée. Pour passer de l’idée à la concrétisation du projet, le chemin est long et les étapes parfois décourageantes. Cet article ne sera pas un guide miraculeux pour faire de votre rêve une réalité, mais nous avons simplement eu l’envie de vous raconter l’histoire de Wejump, pour vous monter que, parfois, c’est possible !


aIl ne suffit pas d’avoir l’idée du siècle pour que cela marche, loin de là. Pour Wejump, c’était pareil. D’ailleurs pour Loïc et Manon, les deux fondateurs, ce n’est pas une idée qui les a guidés, mais un désir commun. Collègues dans une boite de conseil, ils sont en fait partis d’un constat : ils travaillaient tous deux énormément, s’enfermaient dans leur boulot, côtoyaient toujours les mêmes collègues. En bref, ils subissaient leur vie plutôt que de l’apprécier, certainement comme beaucoup trop d’autres personnes.

Wejump depuis le 30 avril 2015 c’est : 

#6000 jumps

#50 000 participations

#150 lieux partenaires


# Construire sa team

Au départ Loïc et Manon, c’était surtout une rencontre professionnelle, du fait de leur envie commune, et de leur complémentarité. Manon est designer d’interaction de formation et s’est orientée de l’UX design (design d’expérience utilisateur). Créative, elle a cependant les pieds sur terre et une forte capacité de production. Loïc est ingénieur développeur, spécialisé dans les technologies Microsoft. Manon imagine les interfaces, Loïc sait les réaliser. A eux deux, ils sont capables de sortir un produit rapidement. Cela devenait évident pour eux : ils devaient faire quelque-chose, ensemble. Le doute concernant leur vie professionnelle actuelle commençait à s’installer. Et « lorsqu’il y un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute  »Ce qui est important, c’est de connaître ses forces et ses limites ainsi que celles de l’autre. Il faut pouvoir échanger en toute transparence et poser des questions simples mais essentielles: Quelles sont tes attentes ? Pourquoi as-tu envie de faire cela ?

Identifier une problématique forte

Pour donner une chance à son projet, il faut d’abord identifier une problématique concrète : « dans notre cas, nous avons répondu à une problématique qui nous touchait, et donc construit un projet qui nous ressemble ». Loïc et Manon ne sont pas originaires de Paris. A leur arrivée quelques années plus tôt, ils sont confrontés au fait de devoir se recréer un cercle d’amis dans une ville inconnue. « Vous pouvez être la personne la plus sociable du monde, ce n’est pas chose facile ». Et puis, même une  fois ce nouveau cercle trouvé, rassembler les gens et se mettre d’accord pour les lieux de sortie est parfois vraiment compliqué. Plutôt paradoxal pour une ville comme Paris qui déborde de sorties et activités ! Mais justement, on finit peut-être par se perdre dans ce trop-plein.

# Ne pas se laisser décourager

Dans leur entourage, quelques personnes avaient du mal à croire en ce qu’ils faisaient. C’est normal, après tout : vos amis, votre famille vous aiment et n’ont pas envie de vous voir échouer. Alors que faire quand on nous décourage avant même de démarrer ? Il s’agit d’écouter les raisons, mais de ne pas s’arrêter à cela. Il faut réussir à prendre ce qu’il y a de bon à prendre. Car mine de rien, les personnes de votre entourage sont celles qui vous connaissent le mieux, et qui sont capables de mettre en avant vos forces, mais aussi vos faiblesses. Notre société a tendance à nous faire emprunter des chemins confortables. Mais on a également la possibilité de se créer son propre chemin.

Nous n’avions pas ou peu à perdre, on a tendance à se dire que quitter son petit CDI, c’est un peu la fin du monde… En réalité, nous avons la chance d’être une génération devant laquelle beaucoup de possibles s’ouvrent. On peut réaliser des choses simplement et rapidement à moindre coût… C’est un risque qui vaut la peine d’être pris !

Manon raconte qu’aujourd’hui encore, on leur dit bien souvent « quel courage vous avez eu ! » Mais pour elle le courage, cela aurait été de rester plus longtemps dans leur ancienne boite. Réussir à convaincre ses proches, ses amis ou sa famille, c’est le meilleur moyen de prendre confiance en son projet. Finalement, ce seront sûrement vos premiers investisseurs : certains vous donneront peut-être un peu d’argent, beaucoup vous donneront de leur temps, et leur soutien si vous décidez finalement de vous lancer.

# Etre agile et se remettre en question

Bon, vous avez une bonne idée, et vous êtes prêts à vous investir à fond, mais maintenant la question c’est « qu’est-ce qu’on fait ? »  Commencez à en parlez autour de vous : à votre entourage, mais aussi à des inconnus.  N’ayez pas peur de vous faire « piquer » l’idée car de toute façon soyez-en sûr : au moment où vous avez cette idée, d’autres personnes l’auront en même temps que vous. Le succès ne réside pas dans l’idée mais résulte de la capacité que l’on a à la réaliser.

En janvier 2015 , c’est le passage de l’idée à la réalité. Loïc et Manon sortent un premier jet de Wejump, qui s’appelait alors « Metoo ». Il s’agissait d’une plateforme sur laquelle les gens pouvaient créer leur soirée ou y participer, un peu à la façon de OnVaSortir, en plus jeune, plus esthétique et pratique. Mais très vite, ils se rendent compte que cela ne fonctionnerait pas. Pourquoi ? Parce que pour faire décoller cette place de marché, il fallait que les gens créent des activités et que des personnes y participent. Or à ce stade personne ne créait rien… « On avait réuni une cinquantaine de personnes, amis et collègues qui nous faisaient des retours par gentillesse mais qui n’étaient clairement pas concernés par le problème qu’on adressait » C’était certain, il manquait quelque-chose, au delà de la notoriété du service. Metoo visait tout et rien à la fois. Il fallait recentrer l’approche « faire comme Amazon : au début, ils ne faisaient que de la vente de livres. Ils ont attiré leurs premiers utilisateurs, puis, une fois experts sur le domaine, ils ont ouvert ! » Il fallait donc mieux cibler pour lancer la machine. Avoir un message clair et garder à l’esprit les valeurs qu’ils voulaient défendre : l’humain, la spontanéité et la praticité.

Nous nous étions fait plaisir en développant une interface qui nous plaisait et en créant un usage qui nous semblait pertinent, sauf qu’en fait, aucun de nous n’était jamais sorti avec des inconnus et on allait droit dans le mur

Un mois après la mise en ligne première version, ils se remettent en question, et « jettent» leur premier projet, ne gardant que les enseignements qui en résultaient pour mieux le recommencer.

# Trouver des solutions simples pour se confronter rapidement à son public

Afin de ne par refaire la même erreur, Loïc et Manon se lancent dans une étude concrète du besoin. Nous avons été formés pour appliquer ce que nous avons appris au cours de nos études, ou ce qui fait partie des mœurs de notre société. Bien sûr que faire un business plan, une étude de marché ou benchmarking sont des étapes importantes qui apportent une certaine sécurité. Mais l’endroit où tout se passe reste le terrain. Pour eux, c’est place de la République que tout a réellement commencé. Armés d’une simple statistique, ils commencent à questionner les passants « ceux avec qui ont aurait pu passer une soirée, des gens de notre âge… »

1 personne sur 2 affirme ne pas sortir autant qu’elle le voudrait faute de trouver des personnes disponibles ou intéressées pour les accompagner. Avez-vous déjà été confronté à cela ?

Bingo : 60 % des personnes répondent positivement ! Au cours de ces échanges, d’autres informations émergent. Les gens veulent gagner du temps en organisation, ne savent pas toujours ce qui se passe autour d’eux… « D’un côté nous avons des centaines de blogs qui référencent les meilleurs lieux, d’un autre côté nous n’arrivons jamais à nous mettre d’accord avec nos amis : sur les horaires, sur nos envies… », affirme une personne interrogée. Les deux associés décident de réfléchir à une solution simple et efficace qui permettent de réunir les gens, dans un esprit ouvert et curieux et de décomplexer la rencontre amicale. Après tout, Tinder a réussi à décomplexer la rencontre d’un soir, BlablaCar permet de voyager dans le véhicule de quelqu’un d’autre et nous allons jusqu’à prêter notre propre lit à de parfaits inconnus sur Airbnb. Pourquoi serait-il si compliqué de parler à son voisin ?

Ils changent de nom et optent pour JumpIn. Puis, aujourd’hui, Wejump. C’est dynamique, c’est l’action de se lancer vers l’inconnu, de sauter le pas…

# Premier jump de l’histoire

Le 29 avril 2015, c’était le premier Jump  de toute l’histoire de l’humanité ! Un petit saut pour nous, mais un grand saut pour la révolution des sorties ! Pour la petite histoire, Loïc, Manon et sept de leurs amis s’étaient retrouvés au Bouchon des Batignolles. C’est alors que le miracle a eu lieu : une dixième personne est arrivée, inconnue de tous. C’était donc le premier vrai Jumper , dont ils avaient récupéré l’adresse mail place de la République, quelques temps avant. Antoine est sympa et ouvert, l’ensemble de la troupe finit même chez lui pour une soirée bien arrosée. « C’était comme si nous le connaissions depuis longtemps, comme une pote de pote » C’était décidé, Wejump allait continuer.

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# Persévérer et apprendre toujours du terrain

Fort du premier jump, Loïc et Manon continuent de partager leurs bonnes adresses à raison d’une fois par semaine au début. Puis 2, puis 3. Le monde commence petit à petit à arriver sur la plateforme. L’arrivée de l’été pose l’interrogation suivante : y aura-t-il du monde lors de la période estivale ? C’est quitte ou double… Et bien ce fut double ! Toutes les personnes restées seules pendant l’été se mettent à jumper pour découvrir les meilleurs spots. Loïc et Manon constatent qu’il y a trop de monde pour le peu de soirées proposées et qu’ils ne peuvent plus continuer à sortir autant au risque de compromettre le développement du produit. Ainsi, le concept d’Ambassadeur émerge : ce seront les personnes en charge de l’accueil des autres participants et garants du bon déroulement de la soirée. Les Ambassadeurs sont les utilisateurs les plus actifs, ils représentent et véhiculent les valeurs Wejump et sont aujourd’hui ceux qui créent 80% des soirées.

# Favoriser les échanges et savoir se faire accompagner

Parce qu’il y a les rêves mais aussi la réalité, Loïc et Manon continuaient de travailler en free-lance pendant la création de Wejump puisqu’ayant démissionné, aucune aide ne leur était accordée. Heureusement, la vie est parfois bien faite et vous pouvez aussi avoir la chance d’obtenir un petit coup de pouce.

C’est en mission de consultant chez BeNext que Loïc rencontre David Robert, fondateur de BENEXT, une société d’innovation regroupant une communauté de talents et de spécialistes passionnés par les technologies et les nouvelles pratiques digitales. Croyant en leur projet, il propose à Wejump d’avoir un toit, et leur offre un réel accompagnement, que ce soit en termes financier ou de méthodologies. « Si nous sommes encore là aujourd’hui, c’est grâce à Benext, grâce à David, son savoir faire et le fait qu’il croit en nous » En septembre 2015, Wejump emménage dans sa nouvelle maison. C’est à ce moment là aussi qu’il décident de recruter leurs premier stagiaires pour développer la première version de leur application sur iOS .

Faire grossir l’équipe nous a permis de renforcer notre vision mais surtout de savoir la partager : pouvoir embarquer de nouvelles personnes a été un tournant important et nous a permis de prendre de la vitesse (oui et maintenant on a aussi des supers pouvoirs !)

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Wejump rencontre aussi The Family, accélérateur de startup avec laquelle ils sont depuis 1 an maintenant. Favoriser les rencontres, échanger avec des experts est le meilleur moyen de combler les lacunes que nous avons en interne… 

# Gagner en confiance en soi, et en crédibilité

Non seulement Wejump avait besoin d’un réseau d’utilisateurs, mais ils avaient aussi besoin de bars partenaires. Avoir de la crédibilité dans un domaine dans lequel on n’a aucune légitimité n’est pas chose facile. Encore moins lorsqu’on est jeune, avec un projet qui commence à peine à voir le jour. Pour les premières visites de bars, Loïc et Manon, qui n’avaient ni l’un ni l’autre un profil commercial, apprenaient un petit speech par cœur à répéter par la suite. Beaucoup de bar leur rétorquait « faites votre truc, et revenez quand ce sera fait ». Mais avec un peu de persévérance et beaucoup de patience, certaines personnes ont décidé de leur faire confiance. Adhérent aux valeurs, au projet. « On a commencé à se créer un réseau en y allant au culot et donc à avoir des références. Plus on a de références, plus on est crédible. Aujourd’hui on travaille avec plus de 150 lieux dans tout Paris. »

# Wejump in the futur

Parce que Wejump répond à une problématique ciblée aujourd’hui, demain le service pourra vous accompagner lors de vos déplacements professionnels, lors de votre emménagement dans une nouvelle ville ou même lors de vos weekends et vacances touristiques. A long terme, Loïc et Manon souhaitent exporter leur projet à d’autres capitales européennes.

Dans un futur plus proche, la question principale du moment est celle d’un business model viable. Actuellement, les bars partenaires de Wejump déboursent 1 € par personne amenée dans leur bar. Loïc et Manon veulent garder au maximum un accès gratuit au service pour les utilisateurs, et se tournent donc plutôt vers les partenaires.

De façon générale, veulent faire de Wejump LA véritable révolution des sorties, la nouvelle façon de redécouvrir les villes, et la nouvelle manière de se sociabiliser.

Alors, quest-ce que tu attends pour te lancer ? 🙂 

Romane Salvador,
Rédactrice Exploratrice Wejump


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